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Expérimenter avec les habitants : vers une conception collective et progressive des espaces publics

Dimanche 14 Octobre 2012

metropolitiques - Florent Chiappero - Durant son « Détour de France » à vélo, le collectif Etc, composé d’architectes, d’urbanistes et de graphistes, a expérimenté de nouvelles façons de concevoir et de construire avec les habitants l’espace public des villes dans lesquelles il a fait étape. Il expose ici son principe de travail autour de l’idée du « chantier ouvert ».


Expérimenter avec les habitants : vers une conception collective et progressive des espaces publics
Crise économique, crise sociale, crise de la démocratie, crise énergétique, crise de l’éducation, crise du logement… Nous sommes aujourd’hui dans une situation de crise généralisée, globale. Si le retour de la gauche au pouvoir sur l’ensemble du territoire peut être porteur d’un changement, il n’en reste pas moins qu’une refonte structurelle de notre système politique s’impose. Changer la manière de penser et de concevoir notre environnement et notre cadre de vie est une première réponse pour que nos quartiers et nos villes retrouvent les conditions d’émergence d’une société plus juste et plus égalitaire.

Peut-être un peu rêveurs mais bien ancrés dans le réel, le Collectif Etc tente d’inventer les outils pour redonner aux citoyens un rôle moteur dans la vie collective. Ce qui rassemble les architectes et graphistes engagés dans ce collectif, c’est la conviction que chacun est capable d’agir, au quotidien, pour changer la société. Notre médium privilégié est la modification concrète et collective d’un paysage, par laquelle nous accompagnons ou tentons de générer des dynamiques sociales. Chacun des projets que nous développons est une expérimentation qui soulève des questions auxquelles nous n’avons que rarement les réponses. Nous n’avons pas de dogme, juste la volonté d’essayer autre chose et de le mettre en place, au moins temporairement.

L’espace public comme « chantier ouvert »
Cette modification d’un paysage passe dans un premier temps par la transformation des espaces publics de proximité. Il nous paraît aujourd’hui nécessaire, dans une société de plus en plus policée, de redonner l’envie et la possibilité à tous de se réapproprier ces lieux publics de côtoiement et de frictions, où la démocratie se négocie et le vivre-ensemble est mis en exergue. La notion de projet collectif, auquel chacun est invité à prendre part, doit ainsi être retrouvée. Aussi, nous travaillons sur le concept de « chantier ouvert » comme vecteur de rencontre propre à développer les capacités créatives de chacun. Ces chantiers durent de quelques jours à quelques semaines et reposent sur deux axes forts dont les objectifs sont de fédérer, d’éduquer, de créer et de débattre.

Le premier axe du « chantier ouvert » consiste en la mise en place d’ateliers de menuiserie, de jardinage ou de graphisme, toute la journée dans un espace défini, afin de participer à la construction d’un lieu en valorisant des usages existants ou en en proposant de nouveaux. Le second axe correspond à l’organisation d’événements créant les conditions d’émergence d’une situation conviviale. L’idée est de créer des moments d’échange ouverts à tous, qu’il s’agisse de concerts, de repas partagés ou de débats publics.
Deux chantiers que nous avons menés dans le cadre de notre « Détour de France » sont exposés ici : l’un réalisé à Bordeaux, l’autre à Rennes. Malgré des contextes sociaux, culturels, économiques et politiques différents, ces deux projets illustrent des interrogations croisées : pour l’intervention bordelaise, comment une dynamique sociale peut être génératrice d’un projet d’aménagement d’espace public ? Pour l’intervention rennaise, comment un projet d’espace public peut être générateur de dynamiques sociales ?

Le « café sur place » du quartier Saint-Jean–Belcier à Bordeaux
Le chantier de Bordeaux, mené en mars 2012, s’est déroulé suite à l’invitation d’une association d’habitants, Yakafaucon, dont les membres se sont mobilisés pour l’amélioration de leur cadre de vie. À l’origine plutôt populaire, le quartier Saint-Jean–Belcier, pris entre la Garonne, le marché alimentaire de gros et les voies ferrées qui le séparent du centre, fait aujourd’hui l’objet d’importants projets de transformation urbaine et sociale avec une gare TGV et une opération d’intérêt national (OIN). Après quelques actions de fleurissement des rues, l’association a négocié avec les pouvoirs publics la possibilité d’ouvrir un café associatif sur la place Dormoy. L’association nous a alors sollicité pour l’accompagner dans le ré-aménagement de la place attenante, jusque-là peu entretenue et délaissée par les usagers.

Nous avons donc proposé de réaliser une structure en bois offrant une large diversité d’usages, et dont le cahier des charges programmatique avait été établi au préalable avec les différents membres de l’association. Le projet a aussi inclus une série de mobiliers déplaçables, permettant de tester une multitude de configurations de la place. La réalisation de cette structure a été menée lors d’un « chantier ouvert », et de nombreuses personnes du quartier et de ses environs y ont participé. Des ateliers de peinture à la chaux sur les arbres ou au sol, ainsi que du jardinage, sont venus compléter les ateliers de menuiserie, dont certains, à visée pédagogique, ont été spécifiquement mis en place pour accueillir des jeunes publics. En parallèle, de nombreux événements sont venus animer la place, allant du concert de musique baroque à des repas partagés.

L’installation réalisée peut être vue comme un outil mis à disposition des habitants et d’une future maîtrise d’ouvrage publique afin d’établir un cahier des charges précis des usages du lieu. De multiples configurations possibles sont ainsi testées in situ, pour des durées plus ou moins longues. En intervenant de cette manière, un questionnement sur le devenir de cette place, ses potentiels et ses limites, est mis en débat public, et positionne l’association d’habitants en tant que principal interlocuteur des pouvoirs publics.
De plus, une gestion partagée entre cette association et les services de la ville, avec une implication de différents agents municipaux en charge de l’entretien, est rendue possible, notamment grâce à une collaboration mise en place pendant le temps du chantier. Le respect du lieu s’en trouve renforcé car le projet émane d’habitants, et donc de voisins, ce qui participe à une amélioration de la qualité de vie dans le quartier.

Le « café sur place », place Dormoy, Bordeaux
Malgré les limites de la légitimité d’une telle association n’impliquant que quelques dizaines d’habitants, on peut voir ici qu’une dynamique dotée d’outils et de compétences adaptés peut être moteur de projets d’aménagement et de gestion des espaces publics d’un quartier. Les questions de gouvernance territoriale se posent alors en de nouveaux termes, notamment par la mise en œuvre, par la suite, des conditions propices à un dialogue pérenne et constructif entre l’association et les responsables techniques et politiques en charge de l’aménagement.

« Promenons-nous dans le bois » du quartier du Blosne à Rennes
Un second chantier que nous avons mené au mois de juin 2012 s’est déroulé à Rennes, dans le quartier du Blosne. Malgré la vétusté de ses logements et les problèmes liés aux grands ensembles construits dans les années 1970, l’idée de loger les habitants dans un grand parc apparaissait toujours forte de potentialités car la ville était propriétaire de l’ensemble du foncier en dehors des emprises bâties. Une opération de rénovation urbaine a débuté il y a quelques années sur l’ensemble du quartier, menée par les agences des architectes Antoine Grumbach et Ronan Desormeaux. Nous avons choisi d’intervenir sur l’îlot Prague-Volga, faisant figure d’espace pilote pour le projet de rénovation, avec une stratégie qui se voulait complémentaire à celle de l’opération globale. En simplifiant à l’extrême, on pourrait dire que les urbanistes et paysagistes en charge du projet de rénovation travaillent sur la redéfinition des gabarits des rues entre chacun des îlots du quartier. Pour cela, ils proposent notamment de densifier le pourtour des îlots, afin de requalifier progressivement leur cœur. Nous avons donc proposé de nous positionner dans un de ces cœurs d’îlot, en l’occurrence sur la place de Prague, et d’y travailler sur une requalification temporaire. La place largement bitumée et située à l’ombre de cinq tours de 60 m de haut est peu accueillante. En son centre, une vingtaine d’arbres plantés en une trame rigide définissent une zone au potentiel sous exploité. Nous y avons construit, durant deux semaines, des structures en bois améliorant la qualité d’usage de l’endroit et proposant de nouvelles activités. Là aussi, nous avons appliqué les principes du « chantier ouvert », en proposant des ateliers de création ainsi que de nombreux événements.

Une des questions qu’a révélée la mise en place de ce projet, auquel de nombreuses associations du quartier ont participé, est la capacité fédératrice d’un projet de réaménagement d’un espace public. Le temps du chantier, moment privilégié pendant lequel un climat créatif est instauré, permet de tisser de nouveaux liens entre les habitants d’un même quartier, mais peut-être aussi avec le reste de la ville. En effet, les différents événements ont permis de faire venir des gens n’ayant jamais fréquenté auparavant ce quartier stigmatisé.
Au vu des temporalités extrêmement courtes, de réelles dynamiques sociales ne peuvent être engendrées que si elles sont pérennisées et accompagnées d’un portage politique fort. Ce type d’actions, mené par un intervenant extérieur et instaurant un climat convivial de créativité, doit donc être répété pour fonctionner. Dans cet exemple, il serait imaginable que la place se construise au fur et à mesure de ces actions dans un temps relativement long. Il ne s’agirait alors pas de réaliser un projet suivant la procédure classique, avec un maître d’ouvrage et un maître d’œuvre pour la réalisation d’un espace public pérenne, mais d’opérer par ajouts et modifications afin que cette place soit un chantier continu. La « fête des voisins » pourrait chaque année durer quelques semaines et donner lieu à une modification de la place. Pendant l’année, les écoles, les centres sociaux et plus généralement les différents acteurs associatifs du quartier pourraient préparer cet événement qui s’adresserait aussi à d’autres publics, au delà de la vie de quartier.

Le projet d’aménagement comme activation de l’espace public
Notre champ d’action se situe entre l’espace et les usages. Nous ne concevons pas l’aménagement sans l’activation de la population qui lui est liée, et inversement. L’intérêt est de renouveler les temps du projet afin de mettre en mouvement un espace et ses usagers, ce qui peut initier des moments de ré-apprentissage du vivre ensemble et redonner au citoyen un rôle d’acteur de son quartier. Les habitants doivent pouvoir agir en transformant et en s’appropriant l’espace public. C’est ce pouvoir d’agir que nous tentons de stimuler mais aussi de rendre visible et accessible.

Ainsi, nous pensons que l’aménagement d’un espace, et de nos villes en général, ne doit se faire qu’avec une population active, en lui donnant les outils pour favoriser ses initiatives. Le cas échéant, il nous revient à nous, professionnels de l’aménagement, de construire les cadres de leurs émergences.

URL : http://metropolitiques.eu/Experimenter-avec-les-habitants.html
Richard Nicol
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Opinion

Il faut stopper le déclin des loisirs et du sport

ledevoir.com - 13 juin 2013 | Gilles Pronovost - Professeur émérite, UQTR | Le gouvernement du Parti québécois rendait public le 10 juin dernier son livre vert intitulé Le goût et le plaisir de bouger. Vers une politique nationale du sport, du loisir et de l’activité physique. Pour la petite histoire, il n’est pas indifférent de rappeler que c’est également le gouvernement du Parti québécois qui a publié en 1977 le premier livre vert sur cette question, intitulé Prendre notre temps, alors que M. Claude Charron était ministre délégué au Haut-Commissariat à la jeunesse, aux loisirs et aux sports. Il était suivi deux ans plus tard d’un livre blanc […] intitulé On a un monde à recréer.

Il faut stopper le déclin des loisirs et du sport
[…] Je voudrais […] insister sur la question du temps, en m’appuyant sur une source de données qui porte non sur des déclarations ou des perceptions, mais sur une mesure du temps quotidien réellement consacré à telle ou telle activité. À cet effet, Statistique Canada (SC) a réalisé depuis 1986 une série d’études sur l’emploi du temps ; la dernière date de 2010 et comprend pour le Québec un échantillon de plus de 2200 répondants (de 15 ans et plus).

Or, selon ces données, pour la première fois en un demi-siècle, le temps total consacré à des activités de loisir a diminué. […] Les Québécois consacrent de plus en plus de temps au travail rémunéré ; entre 1998 et 2010, la population active consacre quatre heures de plus au travail, la durée moyenne de la semaine de travail est d’environ 41 heures, de 45 heures si on y ajoute le temps de déplacement. Parmi la population des 15-24 ans, temps de travail et temps scolaire totalisent 40 heures par semaine.

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Point de vue

Vers une politique nationale de la santé par l'activité physique

C'est ce titre qui devrait coiffer le Livre vert de la ministre Malavoy et du gouvernement Marois. Il n'y est pratiquement pas question du loisir. Encore moins du temps libre. On y parle de santé. On nous propose ni plus ni moins de devenir la nation la plus en forme du monde. On n'y parle pas du droit aux vacances. On n'y traite pas du loisir culturel. Ce qui fait dire à Gilles Pronovost (voir son opinion) que le gouvernement devrait adopter une politique du temps. Globalement décevant, cette proposition gouvernementale manque de vision et demeure plutôt mécanique.


Des questions

Vers une politique nationale de la santé par l'activité physique
Dans notre précédent point de vue, nous nous inquiétions des objectifs d'une mise à jour de la politique. Nous avions raison d'être inquiet. Nous avons posé les questions suivantes: Quelle sera la place des vacances familiales dans cet énoncé de politique gouvernementale ? Le loisir sera-t-il soumis à des objectifs de performance et de rendement en matière de santé ? Les organismes de loisir devront-ils se soumettre aux objectifs étatiques du bien-être ? La nouvelle donne affectera-t-elle l'autonomie des organisations ? Force est de constater que la proposition de réflexion n'accorde aucune place aux vacances familiales, soumet le loisir physique à des objectifs de performance. L'instrumentalisation du loisir aux objectifs de santé publique dans le but pompeux de devenir la nation la plus en forme du monde. C'est un cadeau à Québec en forme et à kino Québec.






Richard Nicol
17/06/2013

Entrevue

VVF : "Les emplois d’avenir correspondent à nos valeurs"

VVF Villages | Le 23 mai 2013 à 10h 37 par Fabrice Bugnot Emmanuel Chrétien, responsable emploi & formation chez VVF. Emmanuel Chrétien, responsable emploi & formation chez VVF. Emmanuel Chrétien, responsable emploi & formation chez VVF Villages, espère que cette expérience permettra aux jeunes de s’insérer plus facilement dans la vie professionnelle et créera des vocations dans des métiers qui ne les attirent plus.

VVF :
L'Echo touristique : Vous êtes une des rares entreprises du tourisme engagées dans les emplois d’avenir, pourquoi ?

Emmanuel Chrétien : C’était l’opportunité pour nous de proposer un contrat long et des formations à des jeunes sans emploi et souvent en difficulté scolaire. L’idée, c’est d’améliorer leur employabilité. Cela correspond à nos valeurs en tant qu’acteur de l’économie sociale et solidaire. Dans nos 100 villages de vacances, nous avons aussi des métiers en tension où le recrutement est difficile, dans les cuisines par exemple. L’idée est de susciter des vocations.

Combien de jeunes allez-vous accueillir ?
Nous avons signé déjà plus d'une centaine de contrats. On pourrait atteindre les 200 avant fin 2014. Ce sont des CDD de 3 ans, subventionnés à 75% par l’Etat.

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24/05/2013




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